Portugal: le Parlement rejette un projet de réforme du code du travail

Le Parlement portugais a rejeté vendredi un projet de réforme du code du travail porté depuis un an par le gouvernement minoritaire de droite, mais très contesté par l'opposition de gauche et les syndicats. C'est toutefois l'extrême droite qui a déterminé l'issue du vote, en votant à la surprise générale contre un texte qu'elle se disait prête à adopter moyennant quelques concessions à négocier avec l'exécutif. Le président du parti Chega («Assez») André Ventura avait commencé par affirmer que sa formation voterait contre le projet, mais il avait ensuite engagé des discussions directes avec le Premier ministre Luis Montenegro, qui semblaient en passe d'aboutir.
«Chega n'est pas à vendre», a finalement déclaré M. Ventura peu après le vote, sur le réseau social X. Réagissant depuis Bruxelles, le chef du gouvernement a affirmé qu'un accord avec Chega aurait pu être obtenu de façon «relativement facile» sur «la plupart des sujets», mais que les négociations menées «jusqu'à la dernière minute» avaient buté sur l'exigence de la formation d'extrême droite d'inclure dans cette réforme une baisse de l'âge de départ à la retraite.
«Le Portugal a perdu une grande occasion de se doter d'une économie plus compétitive et d'un marché du travail plus dynamique», a-t-il regretté. Grèves générales Luis Montenegro avait présenté l'été dernier un vaste projet de réforme de la législation du travail, visant notamment à simplifier les procédures de licenciement, allonger la durée des contrats à durée déterminée, offrir davantage de flexibilité dans l'organisation du temps de travail et élargir le service minimum en cas de grève. Le gouvernement avait soumis son projet de loi au Parlement après avoir échoué à parvenir à un accord au sein de la concertation sociale, malgré des mois de négociations avec les représentants du patronat et une confédération syndicale historiquement plus modérée.
Pour faire barrage à la réforme, les organisations syndicales ont même organisé deux grèves générales, en décembre puis début juin, dans un mouvement de contestation sociale inédit depuis une douzaine d'années, lorsque le Portugal avait dû mettre en œuvre un exigeant plan d'austérité en échange d'une aide financière internationale.