Dette française : Moody's maintient la note de la France, sous conditions
La France échappe à une nouvelle dégradation de sa note souveraine par Moody's. Mais ce répit reste fragile : entre déficit persistant, dette publique en hausse et incertitudes politiques, l'agence américaine attend…
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Moody's a maintenu vendredi la note souveraine de la France à Aa3, quatrième échelon de son barème, avec une perspective négative. Un répit pour le gouvernement, même si l'agence américaine, qui avait dégradé la note française en décembre 2024, anticipe une dette publique supérieure à 120 % du PIB en 2027 et mise sur l'adoption d'un budget permettant de réduire le déficit.
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L'agence maintient toutefois la perspective négative adoptée en octobre 2025, laissant ouverte la possibilité d'un nouvel abaissement. Fitch et S&P ont déjà franchi ce cap, attribuant à la France une note inférieure.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué une décision qui « déjoue les pronostics déclinistes », alors que les marchés anticipaient majoritairement une dégradation.
Moody's mise sur l'adoption d'un budget 2027 capable de réduire le déficit public, malgré les divisions au Parlement. Mais ses prévisions restent moins optimistes que celles de l'exécutif.
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L'agence anticipe un déficit de 5,2 % du PIB en 2027, contre 5,4 % en 2026, tandis que le gouvernement vise 5 %. Elle invoque une croissance plus faible que prévu et les difficultés politiques à mettre en œuvre les économies annoncées.
La dette publique devrait ainsi dépasser 120 % du PIB dès 2027 et continuer de progresser jusqu'à la fin de la décennie. Moody's doute notamment que le prochain gouvernement, issu de l'élection présidentielle d'avril et mai 2027, puisse rapidement inverser cette trajectoire dans un contexte de tensions sociales et de fragmentation politique.
Autre facteur de risque : l'envolée du coût de financement de la France. Le rendement des obligations à dix ans a dépassé 5 % en octobre, un niveau inédit depuis 2002, tandis que l'écart avec les taux allemands s'est fortement creusé.
La durée moyenne de la dette française, proche de 8,5 ans, permet néanmoins d'amortir temporairement ce choc. Les taux plus élevés ne concernent immédiatement que les nouveaux emprunts et les titres arrivant à échéance.
Pour retrouver une perspective stable, Paris devra démontrer sa capacité à réduire durablement le déficit. À l'inverse, un enlisement budgétaire ou un abandon prolongé de la réforme des retraites de 2023 pourrait précipiter une nouvelle dégradation.
Pourquoi « Vérifié »
2 rédactions indépendantes rapportent cette information. La Tribune l’a publiée en premier, 14 h avant la dernière.
- La Tribune23 oct., 22:53
- Cryptoast24 oct., 13:11
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