Le pétrole bondit de 5%, le marché nerveux sur l’accord au Moyen-Orient
Le marché affiche sa nervosité avant la signature prévue vendredi par Téhéran et Washington du protocole d’accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, et qui devrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Les cours du pétrole ont brièvement bondi de 5% mercredi, le marché affichant sa nervosité avant la signature par Téhéran et Washington du protocole d’accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui doit permettre la réouverture du détroit d’Ormuz. Vers 16h10 GMT (18h10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, prenait 0,72%, à 79,53 dollars, après avoir frôlé les 83 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, montait de 0,85% à 76,70 dollars.
Les multiples analystes interrogés par l’AFP n’ont pas été en mesure de pointer une raison spécifique à cette hausse soudaine, qui s’est atténuée aussi sec. Les cours demeurent extrêmement volatils mercredi. «Les traders se sont habitués au tempérament changeant du président américain et personne ne s’attend à ce que le prix du pétrole revienne à son niveau d’avant-guerre tant que l’encre n’est pas sèche, et le document déposé en trois exemplaires», avance Danni Hewson, analyste chez AJ Bell.
Craintes autour de l’accord de paix Plus tôt dans la séance, le pétrole s’affichait déjà en hausse après qu’Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin. Or l’Iran a répété plusieurs fois depuis l’annonce d’un accord avec les États-Unis lundi qu’il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où l’État hébreu dit viser le Hezbollah, allié de Téhéran. «Cette nouvelle a ravivé les craintes que l’accord de paix ne se déroule pas sans accroc, Israël faisant courir le risque de le faire capoter», indiquait alors Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote, questionnée par l’AFP.
Mardi, le Brent, référence mondiale du brut, était pourtant passé sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis mars, dans la perspective d’une reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz. L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a par ailleurs dévoilé mercredi que les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont diminué d’environ 8,3 millions de barils lors de la période de sept jours achevée le 12 juin, plus du double de ce qui était attendu par les analystes. Dans son rapport mensuel également publié mercredi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) confirme que la guerre au Moyen-Orient fait fondre les réserves «à un rythme record».
L’organisme a cependant révisé à la baisse la demande mondiale de pétrole pour 2026.