54 milliards pour transformer l'économie française: cinq ans après son lancement, le plan d'investissement "France 2030" a-t-il tenu toutes ses promesses?
Si le Conseil d'analyse économique a jugé favorablement les effets des investissements de "France 2030" sur l'économie tricolore, un rapport de la Cour des comptes se montre plus prudent et souligne plusieurs…
L'économie tricolore sera-t-elle prête à affronter les défis de la décennie 2030? Lancé en octobre 2021 par Emmanuel Macron, le plan "France 2030" de 54 milliards d'euros avait en tout cas pour objectif de l'y préparer via des investissements massifs dans des secteurs-clés afin de "rattraper le retard industriel français", d'aider les "technologies innovantes" et de "soutenir la transition écologique". Pour quels résultats?
À mi-parcours, "France 2030" qui s'inscrit dans la continuité des programmes d'investissement d'avenir (PIA) lancés depuis 2010 et dans le prolongement du plan de relance post-Covid a récemment fait l'objet de premières évaluations. En juillet, le Secrétariat général pour l'investissement se félicitait d'un premier bilan "prometteur", avant de mentionner "des transformations scientifiques, technologiques et industrielles engagées", "une gouvernance innovante", et une "rentabilité macroéconomique des investissements confirmée" (5,4 euros de richesse supplémentaire à long terme pour un euro investi). Malgré son coût, ce plan "marche très très bien", avait confirmé sur BFM Business Xavier Jaravel, président du Conseil d'analyse économique (CAE), car il "permet à des entreprises innovantes de trouver des crédits qu'elles n'auraient pas trouvés dans le privé, d'augmenter leurs ventes, d'augmenter leur masse salariale et donc les recettes fiscales de l'État".
"Un plan comme ça s’autofinance en 5 ans, il permet d’augmenter la productivité à tel point que l’État rentre dans ses frais", avait poursuivi l'économiste qui préconise d'ailleurs un nouveau plan "France 2040", en particulier pour s'adapter à la révolution de l'IA. Un succès incontestable donc? La Cour des comptes se montre plus prudente.
Dans un rapport publié ce mardi, la juridiction financière constate qu'"il est encore difficile de mesurer les effets du plan 'France 2030', faute de recul suffisant sur la réalisation des projets" financés. De fait, seuls 642 d'entre eux sur environ 7. 300 -soit moins de 10%- étaient terminés fin 2025.
Or, "en l’absence d’évaluation solide des effets du plan sur l’innovation et le soutien aux industries, il est prématuré de se prononcer sur l’opportunité de prolonger France 2030 ou de lancer un nouveau plan", juge-t-elle. Une "absence réelle de priorisations au risque de disperser les moyens de l'État" Au-delà des bénéfices économiques du plan, les Sages se sont surtout penchés sur sa mise en œuvre et son déploiement. Et sur ce point, le bilan est plutôt mitigé.
Certes, la Cour salue en premier lieu "la rapidité du déploiement de 'France 2030'". Déploiement facilité d'ailleurs par le recours à quatre opérateurs (Ademe, Agence nationale de la recherche, Bpifrance et Caisse des dépôts et consignations) "ayant déjà une expérience reconnue dans leurs champs de compétence respectifs", ce qui a "permis d'engager massivement les crédits ouverts". Cette gouvernance est toutefois jugée "complexe et peu ouverte aux parties prenantes, en particulier aux milieux économiques et aux acteurs locaux".
Pas encore recoupée
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- BFM Business27 oct., 20:00
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