Train : La France dépense 70 euros par habitant pour le chemin de fer, contre 222 euros en Allemagne
La France figure parmi les mauvais élèves européens en matière du montant du financement des transports ferroviaires rapporté à chaque habitant, mais cela s’explique en partie par le modèle de financement
La France est en queue de peloton au niveau européen en matière de financement ses infrastructures de transport ferroviaire à en croire certains indicateurs. Selon le classement 2025 de l’association allemande Alliance pour le rail, qui s’est appuyée sur les données du cabinet SCI Verkehr, notre pays n’a consacré que 70 euros de dépenses publiques par habitant au chemin de fer en 2025. Même si ce chiffre est en augmentation, il est bien inférieur à ceux observés chez nos voisins, explique BFM TV ce dimanche.
En France, le montant consacré au rail par habitant a augmenté de 5 euros entre 2024 et 2025, de 19 euros par rapport à 2023 et de 24 euros par rapport à 2022. Il demeure cependant éloigné de celui du Royaume-Uni, avec 209 euros par personne, ou de l’Allemagne (222 euros). Le pays européen qui investit le plus dans son infrastructure ferroviaire est le Luxembourg (622 euros par habitant), leader incontesté du palmarès depuis plusieurs années, devant la Suisse (504 euros) et l’Autriche (359 euros).
Seul le chiffre de l’Espagne est comparable à celui de la France avec 72 euros par personne consacré au rail. Un risque d’effondrement du réseau Cet écart de moyens investis dans l’entretien, le développement et la modernisation du réseau ferroviaire peut se traduire concrètement par une baisse de la ponctualité des trains ou des fermetures de lignes secondaires. L’ancien président de la SNCF Jean-Pierre Farandou n’a pas hésité à évoquer un risque d’effondrement à terme du réseau classique en comparant la France à l’Allemagne, qui a pratiquement doublé ses dépenses ferroviaires depuis 2022 et les a quadruplées depuis 2015.
La situation française mérite néanmoins un éclaircissement. Le classement ne prend en compte que les dépenses publiques directes alors que le modèle tricolore est bien différent de celui de ses partenaires européens. En France, l’État demande à la SNCF de financer elle-même une grande partie du réseau via un fonds de concours.
La quasi-totalité des bénéfices des activités commerciales de la SNCF est directement reversée à SNCF Réseau pour la réfection des voies. Ceux-ci représentent un objectif de 14,8 milliards d’euros sur la période 2024-2033, soit environ 1,6 milliard d’euros injectés pour la seule année 2025. D’autres apports L’étude ne prend en compte ni « les investissements dans les infrastructures des entreprises […] ferroviaires sur leurs propres ressources » ni les droits de péage versés par les compagnies qui circulent sur le réseau, comme Tranitalia et Renfe.
Or, c’est en France que ces derniers sont les plus élevés d’Europe et ils reviennent à SNCF Réseau. Au total, ces postes constituent une manne de centaines de millions d’euros. Des observateurs ont par ailleurs exprimé leur crainte de voir le système pourrait pénalisé si les bénéfices de la SNCF venaient à se réduire.